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samedi, 25 avril 2009

L'antre maudite du Comte Draculifiou - part 5

Bon ben vous allez sérieusement vous demander si ce sacré Comte Draculifiou n'a pas une case en moins à toujours regarder des films horribles... Mais que voulez-vous, on ne se refait pas! Aujourd'hui, bande de lombrics gluants, je vais vous refaire le coup de "Vendredi 13". A savoir comparer 2 films: l'original et son remake. Et, je vous le donne Emile, c'est "La dernière maison sur la gauche"(dont le remake vient de sortir sur nos écrans franchouillards) qui va avoir  les honneurs de l'article d'aujourd'hui.

Commençons par le commencement...

1960: Ingmar Bergman réalise "La Source", un film racontant le viol d'une jeune fille par deux bergers, et la vengeance des parents de la jeune fille, chez qui les 2 violeurs ont trouvé refuge.

derniere-maison-sur-la-gauche.jpg1972: Wes Craven (qui réalisera plus tard "La colline a  des yeux", "Les griffes de la nuit", "Scream" et autres joyeusetés plus ou moins réussies...) réalise un remake actualisé du film d'Ingmar Bergman, et l'intitule "The last house on the left". Dès le départ, le film annonce la couleur en affirmant être inspiré d'une histoire vécue. L'histoire, bien que resituée dans les années 70, reprend les grandes lignes de celle d'Ingmar Bergman. Mari et son amie Phyllis, à la recherche de marijuana, sont enlevées par une bande de voyous dégénérés menée par le terrifiant Krug (rien que son nom est tout un programme...). Les 4 psychopathes vont faire subir les pires outrages aux pauvres jeunes filles, en les battant et les violant avant de les assassiner. Puis ils trouvent refuge chez un couple, sans se douter un instant que ce sont les parents de Mari. Quand les parents découvrent ce que les tarés ont fait à leur fille, ils décident de se venger de la manière la plus barbare qui soit...

Bon, il faut dire que rien que ce résumé du film a de quoi révulser. Le film ne trompe pas sur la marchandise: les scènes de torture des jeunes filles sont parfois insoutenables, et la vengeance des parents est d'une barbarie certes libératrice et défoulante (les psychopathes sont vraiment détestables) mais aussi d'une violence inouïe: électrocution, gorge tranchée, découpage à la tronçonneuse, et on a même droit à un sexe tranché d'un coup de dent! Lors de sa sortie, ce film a donc logiquement provoqué un scandale, et il fut même interdit pendant 30 ans en Grande-Bretagne. En regard des films d'aujourd'hui, il faut pourtant bien admettre qu'il ne montre pas forcément grand chose: le découpage à la tronçonneuse est hors-champ (on ne voit que le résultat) et il en est de même pour la castration "à la bouche". Mais Wes Craven est très doué pour installer une ambiance malsaine et terrifiante. Le film a un côté réaliste accentué par une réalisation approximative et un casting de tronches pas possibles... Et, bien entendu, le sujet du film lui-même est révoltant. En bref, on peut être rebuté par l'aspect "brouillon" de ce premier film, par l'interprétation parfois douteuse de certains acteurs, et par le côté "gratuit" de toute cette violence. Mais le film ne peut pas laisser indifférent.

lasthouse.jpg

 Mais quel message peut bien vouloir délivrer Wes Craven avec ce genre de film? On est en droit de se poser la question, et je me la pose encore, il faut bien le dire. Tout juste sait-on que le réalisateur veut montrer l'un des côtés sombres de l'âme humaine: le fait que des victimes puissent devenir aussi barbares que leurs bourreaux. Quelques années plus tard, Wes Craven remettra le couvert avec "La colline a des yeux", à la thématique quasi-similaire, puisque ce second film raconte la vengeance d'une famille décimée par une bande de sauvages habitant dans les montagnes. Là encore, on a affaire à une histoire de vengeance des victimes, devenant pour l'occasion aussi violentes que leurs tortionnaires. "La colline a des yeux", qui clame également être inspirée de faits réels, provoquera aussi un scandale et sera longtemps censurée dans certains pays. Et le film sera également remaké (brillament d'ailleurs) par le frenchy Alexandre Aja.

la-derniere-maison-sur-la-gauche.jpgJustement, en parlant de remake, qu'en est-il de celui de "La dernière maison sur la gauche"? Supervisé par Wes Craven himself, il est réalisé par Denis Iliadis, dont c'est le 2ème film. Contrairement à l'original, le film est interprété par des acteurs connus, dont Tony Goldwyn (le méchant de "Ghost", c'était lui), Monica Potter (vue dans "Les Ailes de l'enfer" et "Saw", entre autres) et surtout Garret Dillahunt, qui interprète aussi en ce moment le terrible Cromartie, vilain Terminator des "Sarah Connor Chronicles" (une série qui vaut mieux que sa réputation!). Autre différence notable: la réalisation n'a rien d'amateur, et la photographie du film installe une ambiance poisseuse et inquiétante qui contrebalance le côté "net" de la réalisation. L'interprétation est au diapason, avec une mention particulière pour les 2 actrices qui jouent les jeunes filles agressées par Krug et sa bande. Pour une fois, on n'a pas affaire à des bécasses écervelées. Ici, les victimes se rebiffent, répondent par la voix et les poings à leurs tortionnaires, et, même si ça causera leur perte, ça fait quand même du bien de voir des victimes réagissant de manière moins bêtifiante qu'à l'accoutumée. Le film n'est donc pas un remake plan par plan de l'original. Sur certains points, Denis Iliadis s'éloigne même carrément de son modèle. Ainsi, les 2 jeunes filles ont plus de répondant face à leurs agresseurs. Le plus jeune des agresseurs (qui dans l'original sympathisait de manière ambigue avec l'une des jeunes filles mais finissait suicidé d'une balle dans la tête) montre clairement qu'il est du côté des jeunes filles, puis des parents (et il connaîtra une destinée différente de celle de son modèle, du coup...). Dans l'original, il était clair que les parents mettaient en place une implacable vengeance contre les psychopathes, avec installation de pièges bien pensés censés venir à bout de ceux-ci. Dans ce remake, cet aspect est moins clair. On a plus l'impression que les parents veulent échapper à Krug et sa bande, même s'il faut pour cela en arriver à devenir aussi violent qu'eux. Leur vengeance prend plus l'aspect d'une "légitime défense", ce qui n'était pas forcément le cas dans la 1ère version. Niveau violence, même si on n'a pas droit à la fameuse scène du sexe tranché, le film va loin. Très sanguinolente, la violence y est parfois viscérale, et on a même droit à une main réduite en charpie dans une broyeuse ainsi qu'à une tête explosée dans un micro-onde... Miam... Quant au supplice des jeunes filles, il est aussi insupportable que dans le 1er film. Vous voilà prévenus!

Des différences, il y en a encore, la plus notable concernant la fin du film, qui fera probablement bondir les fans de la 1ère version. Question de goût... Mais, au moins, ce remake se termine de manière moins abrupte que son modèle...

lasthouse2.jpg

Bilan final: j'ai préféré le remake à l'original, mais uniquement car la réalisation et l'interprétation sont un cran au-dessus. Les deux films méritent pourtant d'être vus, même si on peut tout à fait comprendre que certains soient révoltés par cet étalage de violence morale et physique. A chacun d'en faire sa propre interprétation, sans oublier que ce ne sont "que des films", et des films d'horreur qui se revendiquent comme tels...

Comte Draculifiou, qui habite le 6ème appartement sur la gauche...

Commentaires

Ha bin ça tombe bien, il est sur ma liste, ton article en plus des critiques recueillies au boulot m'amène a un final positif
J'irais donc le voir !

Écrit par : Stitch | samedi, 25 avril 2009

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